Ma Tigroue, ma belle précieuse, je t'envoie un océan de tendresse et de mercis et t'adresse un adieu déchirant.

 


Tigroue ne va pas bien ce soir et je ne cesse de pleurer des larmes ridiculement lourdes qui transpirent de la sincérité de mon cœur. La vétérinaire m'a annoncé qu'elle n'en avait plus pour longtemps. La nouvelle est brutale et rend inconsolable. Personne ne veut voir la mort arriver. Elle révèle brutalement l'amour, elle rend inconsolable et fait pleurer pour la perte de l'irremplaçable. La douleur est vive, poignante, bouleversante. Elle meurtrit sans aucune forme de vergogne mes entrailles, creuse mon ventre gémissant, fige mes muscles dans l’inconfort, irrite et assèche des yeux qui avaient perdu l’habitude de pleurer. La nouvelle vous pétrit l’âme dans la stupéfaction soudaine, glace vos perspectives dans l’inconnu et vous plonge dans la recherche justificative de l’incompréhensible. La mauvaise fortune annoncée vous donne envie, jusqu’à la nausée, de hurler la colère face aux mauvaises prophéties des Augures si partiales et inadéquates. Elles révèlent l’égoïsme pour soi-même refusant la solitude et mettent à jour la faillite de la pensée humaine, que l’on croyait triomphante, mise à mal par ses contradictions, sa dualité et son irrationalité face aux décisions qu’elle peut et doit prendre.



Quand j’ai rencontré Tigroue, il s’est passé quelque chose de spécial. Je n’irai pas jusqu’à dire magique, mais on s'était trouvés et je le savais dès que l'on s'est contemplé dans les yeux. Tu t'es blottie d'emblée dans mes pieds avec ta prunelle pleine de crainte et ton joli pelage tout taché de boue. Mais que faisais-tu ce soir de début d'été en plein milieu de cette avenue parisienne beaucoup trop grande pour toi et bien trop étincelante pour tes petits yeux qui n’avaient pas l’habitude de contempler le monde ? Où était ta maman ? Comment as-tu pu tomber dans mes pieds en ce jour si spécial de déménagement où je venais de récupérer, quelques heures plus tôt, les clefs de mon nouvel appartement que le notaire venait de transcrire. Tu n'étais pas prévue ce soir-là, ni dans ma vie d’ailleurs. Mon agenda ne me permettait pas de te prévoir une place. Nous n’avions aucune raison de nous croiser. Je n’aurais pas dû me laisser tenter par l’envie de te caresser, ton poil était doux et tu m’as plu. Tes petits bruits étaient touchants. Les Humains et les félins, si séparés dans la phylogénie des espèces avaient su conserver ce lien éthéré et diffus de ressentir les émotions de l’autre. Tu as une certaine forme d’intuition qui m’unissait à toi, tu comprends ? 


Il n’y avait pas de meubles chez moi, je n’avais rien à manger et je disposais encore moins une gamelle. Tu t’étais arrangée pour rater le dernier métro, tu savais qu’il était bien trop tard pour chasser de la nourriture et je savais que les rats d’égout ne valaient pas un bon pâté. Alors tu as continué à te frotter avec envie à mes pieds. Pourquoi tant de ronrons, pourquoi ne t’ai-je pas dit non ? Comment aurais-je pu de toute façon ? Il y avait cette fragilité qui me rappelait les enfants handicapés que je voyais au travail. J’étais pourtant exténué de fatigue et voilà que tu me demandes encore de dépenser de l’énergie pour toi. Tu débordais de vie. Je me souviens de notre dîner romantique du premier soir. Qu’est-ce que tu avais faim, qu’est-ce que tu miaulais ! Je ne me rappelle plus comment, à cette heure avancée, j’ai trouvé du pâté que tu as dévoré sans aucune mesure et du lait qui perlait sur tes babines. Je me remémore de cette langue rose que tu tournais comme un hélicoptère autour du creux de tes narines. Tu avais l’air si ridicule au point que j'en ai ri. Je ne me serai pas laissé convaincre si une humaine de mon espèce s’était pareillement comportée devant moi. Qu'est-ce que ta petite tête était belle, ton museau si joli et ton regard affectueux. Je devinais que tu porterais une belle robe brune avec des pattes hautes et élancées. Une Parisienne, là où je n’étais qu’un béotien de province. Je te devinais devenir une élégante dame pleine de mystères. Tu fascinais par cette vivacité inhabituelle que je ne connaissais des autres chats que j’ai fréquentés avant toi. Cela te rendait spéciale. Tes yeux étaient d'un jaune nacré et ton iris envoûtant. C'est fascinant comme j'ai toujours trouvé de l'apaisement et du réconfort dans la profondeur de tes formes. Ta tête était ronde, tes oreilles étaient poilues et télescopiques. J'en rigole encore. Tu ne sais pas la chance que tu as de pouvoir écouter dans toutes les directions. L'esthétique est une notion tellement humaine que tu ne peux pas comprendre, mais je t'assure que tu étais la plus extraordinaire et la plus gracieuse avec tes précieux mouvements, tu comprends ?



Et puis nous nous sommes couchés, tu crapahutais telle une chipie dans les montagnes de linge jetés en vrac au sol et que je n’ai pas eu le temps d’emballer avant d’emménager. Je les ai rassemblés en forme de lit de fortune pour que les deux fugitifs que nous étions pussent se contempler et se reposer. L’heure était tardive pour réfléchir à des solutions et je t’avoue que je voulais ressentir une sorte de providence dans cette page de vie que je venais de tourner. Je suis un superstitieux rationnel et j’étais certain que, quelque part dans l’immense cosmos, des planètes s’étaient alignées dans notre axe. C’est absurde, mais laisse-moi la naïveté d’y croire, car je sais, petite furie pleine de malice, que tu y as cru aussi. Ce hasard est fascinant, même encore aujourd'hui. C’est comme l’amour, on ne peut connaître une belle histoire qu’une ou deux fois dans la vie. Après, le cœur se brise ou se fatigue ou tout, simplement, s’assèche dans l’aridité de notre passage sur cette terre. J’ai ressenti la félicité, ce soir-là, d’avoir eu cette chance de tomber sur toi, mon petit chat, à quelques mètres de chez moi, dans un Paris débordant de gens pressés, froids, indifférents à ton destin. Je voulais te montrer que l’on pouvait conjurer le sort incertain et refuser que ta délicatesse se brise dans tous les dangers et les méandres de cette décadente métropole. Je voulais te promettre que tu ne seras plus jamais abandonnée, car tu me témoignais, sans me connaître, une confiance entière, profonde, candide et sincère de désir. C’est dur maintenant, tu comprends ?

Avant que je ne te rencontre, j’avais passé la journée à remuer avec émotion des réminiscences du passé. Par manque de place ou de temps, j’avais dû jeter des choses que je désirais conserver et me débarrasser d’autres pour m’obliger à avancer dans une vie que je pressentais déjà compliquée avec chaque jour son degré de houle. Je gardais, à ce moment-là, une forme de mélancolie à vouloir conserver des babioles pour m’aider à ne pas me fâcher avec le passé et qui me rappelait d’où je venais. En particulier, ma relation à la ruralité, mon héritage rustre, mon attachement à la terre et aux origines. J’avais eu un chien, China, l’effondrement de ma famille, son abandon à des amis bienveillants, m’avais ému, accablé de culpabilité et perturbé dans l’entreprise de relancer un nouveau départ dans ma vie. Je sortais d’une colocation difficile. J’ai eu du mal à trouver ce confortable logement. Paris, c'est cher. À l'époque, j'ai dû beaucoup visiter. Les appartements partaient dans la matinée. J’étais épuisé intellectuellement de ce long processus, car je me suis tourmenté, j’étais fatigué physiquement de ces nombreux pas de visites où je devais m’assurer de poser les bonnes questions aux agents immobiliers, conceptualiser les lieux et réfléchir aux travaux nécessaires, aux achats à prévoir et gérer le stress de tous ces tumultes. Il ne fallait pas me remuer les méninges ma belle, tu comprends ?

Je n’arrive pas à me remémorer de nos fâcheries. Nous étions toujours d’accord de toute façon et quand des écueils apparaissaient, j’achetais malhonnêtement ta vertu avec une croquette. Bon sang tous ces moments où nous étions ensemble, tous ces mots que tu ne comprenais pas, mais dont tu devinais le sens, tous ces coups de boxe que tu me faisais de ton nez au mien, c'était comme une tape dans le dos pour me rappeler que je pouvais compter sur ta camaraderie entière et désintéressée, c’était comme des eskimos qui se disaient bonjour à la naissance de l’aube. J’ai passé un nombre infini de nuits à dormir avec ta tête collée contre la mienne. C'était ton rituel. J'aimais tes léchouilles râpeuses pleine d'affection, ta pensée primaire, simple mais sincère d’amour pour son maître. Les câlins qu'on se faisait après le repas vont me manquer. C’est quelque chose que je n’arrive pas à gérer. Tu sais, j'aimais quand tu rendais ton dos tout rond et que tu frétillais de ta queue. Ta frimousse me témoignait que tu étais tout heureuse et reconnaissante. J'aimais te brosser le dos et tu accourais avec des bonds quand tu devinais mes intentions. Tu étais gracieuse, tu avais une belle robe grisée, une jolie queue longue et épaisse qui se promenait dressée en forme de liane. J’aimais tes élégantes striations de poils colorés dans le visage. Qu’est-ce qu’on s’était amusés à contrôler les placards lors des promenades portées. Te souviens-tu quand tu venais prendre la douche avec moi ? Te rappelles-tu des buissons du parc en face de chez moi ? Tu étais une courageuse, mais je savais que tu n’étais pas une téméraire. Je me récite et répète ces instants dans la tête, comme un moine, réciterais son bréviaire, pour ne pas oublier, pour te rendre hommage, pour ne rien perdre à cause de l’altération du temps, pour prolonger ta vie dans ma pensée, conserver l’information que tu es. Ma mère disait que les gens ne mouraient pas tant qu’on arrivait à ne pas des oublier. Elle pensait que nous n’étions que de l’information en interaction. Elle croyait que ces informations s’influençaient, se perturbaient, se mélangeaient. Cela veut dire qu’une partie de toi est en moi et que ta disparition va me faire un mal profond, je le ressens intense, il est dur à canaliser par une pensée ordinairement construite et extraordinairement submergée, tu comprends ?

Ta maladie est imméritée. Tu étais une gentille donc tu méritais une vie longue. Treize ans, c'est peu et davantage l'aurait été tout autant. On refuse le principe de finitude de la vie, la discontinuation de l’amitié. Cela invoque des stigmates profonds que j'avais refoulés de toutes mes forces pour effacer l'agonie de ma mère dans ses dernières heures. On ne mérite pas sa mort, même quand on est un animal, c’est injuste. Mourir quand on arrive au bout de l’enfer terrestre. Je vais revivre ces instants pétris d'effroi où j’étais assis à côté d’Elle dans son lit d'hôpital dans l’espoir naïf d’une guérison qui n’arrivât jamais. Je suis impuissant, je ne peux rien faire, je ressens de la colère. Je suis là, les bras ballants, stupide comme un étudiant de santé à attendre ta fin. Alors, oui, tu étais un chat, -juste- un chat, mais tu étais -mon- chat et celle à qui j’ai fait la promesse de protection. C’est une peine morale. J'ai l'impression d'avoir échoué. Même en étant devenu docteur, je reste encore et encore incapable de t’aider. Je suis irrité par mon incurie. Tigroue, je t'ai peut-être trop aimée, je t'ai peut-être anormalement assimilée à une enfant malade souffrant d’un handicap. Je te parlais comme si tu étais une sœur de mon espèce. Absurde. Mais je te respectais pour ta simplicité et ton savoir-être bienveillant. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas, tu comprends ?


Aujourd’hui, je me sens coupable de ne pas avoir tout fait. Est-ce que j’aurais pu faire quelque chose de différent pour éviter cela ? Qu’est-ce que je n’ai pas vu ? Qu’est-ce que j’aurais dû faire ? T’ai-je bien nourri ? T’ai-je donné assez d’amour par rapport à ce que tu espérais ? T’ai-je offert assez de temps, tu sais, cette substance abstraite que tu ne pouvais pas percevoir, qui parait si abondante dans notre univers et qui manque tellement dans ces lignes ? As-tu été heureuse ? Quel égoïsme de parler de moi, de mes craintes, de mes problèmes alors qu'on devrait parler de toi qui souffres, qui ne comprends pas ce qui t’arrive. Tu es emplie d'incompréhension. Je crois voir dans tes yeux de la peine et tu sais rester si digne. Comment fais-tu ? Comment peux-tu rester louable dans l’épreuve ? Cette pudeur, de ne pas me montrer que tu ne vas pas bien me blesse. On est complice, tu sais, et je souffre de te voir faire des efforts pour ne pas paraître fatiguée. Je vois que tu te donnes du mal pour manger quand je suis avec toi alors que lorsque je ne le suis pas, tu ne manges plus rien. Ma pauvre petite Tigroue. Ne pars pas. Je traverse déjà une période difficile et tu me laisses dans l’amertume de ta présence presque passée. Que vais-je faire sans ses grattegratte. Qui va venir dans mon lit ? Qui va se blottir contre moi ? Qui va venir danser au pied du canapé le matin pour réclamer des pitances ? Tu étais là, partout, tout le temps, au milieu de tous les gens de l’appartement. Jamais cachée, active, gentille à jouer au colonel en plein milieu de la pièce. Je ne parviens pas à me rappeler de mauvais souvenirs avec toi. D’ailleurs, en avons-nous eu ? Non, jamais avec toi. Je te pardonne les quelques rouleaux de papier toilette. Ce n’est pas important. Tu vois, ma chérie, les Humains ne sont pas faits de la même argile. Leur esprit est sinueux, il trahit, se dédouble en jeu de personnages qui manipulent et calculent. Par contraste, cela te rendait si spéciale et me fait stupidement pleurer. Je n’aime pas ces scènes de ménage et en pareilles circonstances, je préfère éviter les problèmes et me cacher pour ne pas me mutiler l’âme. Jamais plus je ne trouverai quelqu'un comme toi, avec cette intelligence et ce caractère. Tu étais un chat-chien, tu comprends ?


La perspective de mort est un effacement irrévocable, une déchirure définitive que je ne souhaite pas. Comment expliquer cette ambivalente idée de vouloir donner de l’amour et s’accaparer d’une vie qui n’en peut plus ? Comment vais-je me passer de ton aura ? Comment vais-je vivre l’absence de ta présence ? L’anticipation de ton départ définitif est une lame qui cisaille ma chair. Tu vas me plaquer dans la solitude, me faire du mal. Je sais que tu n'y peux rien et que tu ne le souhaites pas, mais c’est dur, tu comprends ?


La mort, c’est une forme d’anéantissement, le néant qui se mélange au vide, l’effacement de l’information, l’anéantissement des constructions sociales. C’est l’exil vers l’oubli. La vie est un paradoxe où la vitalité et le trépas s'annulent, où tu acquittes toujours un châtiment de noirceur plus cher que le bonheur qu’on t’a accordé, où on te fait avaler un amer poison à la fin de ta lune de miel. J'aimerais ne pas avoir de pensées. Elles sont souffrance et c'est tout ce que je déteste. Tu vis de l’instant, de l’émotion. Le temps n’existe ni avant, ni après dans ton esprit. Mon petit chat, tu vas me forger un chagrin qui sera long et je vais me punir en le rendant volontairement encore plus toxique de n’avoir pas pu prendre sur moi de ta douleur. Je ne devrais pas réagir comme cela, je devrais me réjouir d’être en vie, d’avoir de la santé, de faire comme tout le monde et constituer des trésors matériels ; mais j’ai d’immaîtrisables travers qui font mon caractère. Les Humains aiment écloper leurs esprits, tu comprends ?

Je ne sais pas comment je vais t’accompagner dans ces derniers moments ? Ils seront durs pour moi. Comment puis-je te trahir et te rassurer pour te conduire une dernière fois chez le docteur ? Comment vais-je faire pour ne pas t’abandonner dans les derniers instants ? Je ne peux pas te laisser seul avec lui alors que tu ne le connais pas et qu’il te fait peur. Cela t’obligerait à partir dans la crainte qui s’ajoute à la douleur. Impensable. On meurt deux fois quand on est abandonné. Et je ne peux pas ordonner à ton assassin de soulager ta vie terrestre alors que je ne le désire pas. Non. Je ne le veux pas. Je n’y arrive pas. C’est dur. L’appartement va être vacant de ta présence, de ta curiosité et de ton caractère. Je ne veux pas cela, tu comprends ? Je déteste ce fichu cancer. Il a pris tous les gens que j’aimais autour de moi. Brutalement. Placidement. Méthodiquement. Lentement. La mort n'est pas la pire chose de la vie. Le pire, c'est ce qui meurt en nous quand on vit. J’aimerais me réveiller d'un cauchemar après une nuit de sommeil, ouvrir les yeux, inspirer profondément et rire en me disant « qu’est-ce que j’étais un gros con de rêver de ça, franchement », tourner la tête dans le coussin et voir ta mine innocente et curieuse dans la fente de la porte qui hurle « et ou sont mes croquettes fainéant ». J’aimerais entendre ton maou de présence. Tu n’avais jamais vraiment réussi à miauler comme les autres chats, mais cela m’était égal. Tu comprenais les sentiments et les intentions que je te témoignais en déchiffrant la tonalité de mes mots. J’aimais quand tu m’apportais les jouets dans le creux de tes dents comme si c’étaient des trophées de chasse. Tu en étais fière. Quand je repense à ces moments, c’est bien toi qui portais plus d’attention que je ne t’en portais, tu avais toujours une moitié d’œil ouvert pour surveiller, au cas où. Tu m’observais tout le temps. Tu sentais quand ça n’allait pas et tu venais te blottir pour me rassurer. Tu aimais faire l’idiote en faisant danser ta queue et ton corps svelte. Comment puis-je oublier ça, mon petit chat. J’ai le vertige, ça me brûle. Tu es digne et je suis faible. Il n'y aura plus ta chaleur, je ne sentirai plus ton souffle, ni les picotements de ta moustache. Les bruits des repas que tu croquais avec appétit seront devenus évanescents, les vibrations de tes ronrons ne m’endormiront plus. Tigroue, ça me déchire, tu comprends ?


Je te fais la promesse que tu survivras dans ma tête jusque dans ma mort. N’oublie pas cet instant cosmique quand tu fermeras tes yeux. Penses-y et retrouvons-nous, là-bas, plus tard. L’amour esseulé même pour une bête ne meurt pas. Il vieillit, mais ne ternit jamais. Comment pourrais-je de toute façon ? Ce soir tombe une neige fine et froide dans l'horizon de la Ville-Monde. Le ciel a chassé les nuages. Promets-moi, ma petite, de marcher de temps en temps dans les flocons des nuages pour me dire que tu vas bien. Ne m’oublie pas. J'ai froid dans mon cœur. Je te demande pardon de ne pas savoir t'aider. Les animaux ont le mérite de ne jamais décevoir ce qu’un humain comme moi n’hésitera pas à faire. Nous sommes d’ignobles monstres. Ma Tigroue, ma belle, mon petit chat. Pardon du fond de mon âme.
























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J'ai voulu laisser quelques photos de mon chat sur ce blog, car j'ai l'espérance qu'internet, ses données, ses contenus, le temps que l'on fige pour écrire et lire ces mots seront immuables.

Par mes mots, mes photos, mes anecdotes, notre histoire existe encore un peu et me permet d'expier la peine que je ressens. Le temps ne s'écoule pas disait Einstein dans ses théories. Je veux le croire en pensant que notre rencontre est écrite à jamais dans le grand DVD de l'univers. Il faut juste savoir ramener la tête de lecture dans la bonne époque.

À bientôt ma belle, nous nous retrouverons. 

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Jean-Philippe (jph.simon |a@r@o@b@a@z| gmail.com)



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